Mot du directeur – janvier 2018

15 janvier 2018

Chers collègues et étudiants du département,

De retour de vacances après un congé des fêtes que j’espère fut ressourçant, j’aimerais prendre quelques minutes de votre temps pour souligner les nouvelles du département.  Je reprends la tradition de la tournée des centres affiliés en 2018. J’aurai donc l’occasion de discuter plus directement avec vous des défis de conjuguer au quotidien soins, enseignement et recherche dans vos établissements respectifs. D’ici là, j’espère vous retrouver très nombreux à la prochaine assemblée départementale, qui se tiendra le jeudi 26 avril prochain.

Je suis particulièrement heureux de vous rappeler que notre collègue Arthur Amyot a reçu, le 29 novembre dernier, la médaille de carrière de la Faculté de médecine, en reconnaissance de son engagement pour l’avancement de la recherche et de l’enseignement en psychiatrie.

Je tiens aussi à féliciter Sonia Lupien pour l’obtention de la Chaire de recherche du Canada sur le stress humain (niveau 1). Quel juste retour de l’histoire, qu’ici, à l’Université de Montréal,  là où la recherche sur le stress a pris sous envol avec Hans Selye, que soit reconnues l’excellence et la pertinence du programme de recherche de Sonia. Les chaires ont des effets très structurants pour la vie académique d’un département, en attirant et en inspirant les jeunes chercheurs les plus talentueux, en consolidant les activités de toute une équipe dans un de nos centres de recherche et en sensibilisant la population de l’importance de la science, de l’innovation et de la recherche pour notre société.

Le déménagement complété du CHUM au terme d’un long périple est pour moi une nouvelle en demi-teintes; j’étais très fier de la qualité des soins, de l’enseignement et de la recherche au sein de ce que fût le département de psychiatrie du CHUM, dont les effectifs ont été répartis entre le CIUSSS Centre-Sud et le nouveau CHUM. Je suis confiant que les effets sur la qualité des services et sur l’enseignement seront limités pendant la période de transition.

J’ai eu vent que le département CIUSSS Centre-Sud a été très populaire dans les demandes de stage des R1 et R2, un beau témoignage de la qualité de l’encadrement au cours des dernières années et de l’espoir qu’il restera ainsi. Par ailleurs, les activités de la recherche au nouveau CHUM sont en plein essor avec ce lancement du projet de recherche Optima, une étude clinique multicentrique pancanadienne sur le traitement du trouble lié à l’usage des opioïdes de prescription, pilotée par Didier Jutras-Aswad, soulignée lors de la visite de la Ministre fédérale de la santé Ginette Petitpas-Taylor du groupe de recherche et des unités de soins en toxicomanie et santé mentale du CHUM.

Je tiens à souligner la qualité du travail d’écrivaine d’Ouanessa Younsi, psychiatre au pavillon Albert-Prévost CIUSSS du Nord de l’Ile de Montréal, finaliste du Prix littéraire du gouverneur général 2017, catégorie essai, pour son livre Soigner Aimer sensibilisant les lecteurs à notre travail bien particulier. http://memoiredencrier.com/soigner-aimer-ouanessa-younsi/

Il faut aussi souligner le travail de Marissa Tardif et Rémy Lagacé, résidents en psychiatrie, pour l’organisation de la Formation Médicale Continue de l’ARPUM s’étant tenue en novembre dernier, ayant pour thème la thérapie basée sur la mentalisation (MBT), donnée par Dr Anthony Bateman. Cet évènement fut un succès et a su réunir plus de 200 résidents, professionnels et médecins pour les deux journées de formation.

Pour terminer, quelques mots sur une réflexion que j’ai commencée depuis mon entrée en fonction. J’ai assisté à plusieurs conférences sur l’intelligence artificielle, l’apprentissage profond et les nouvelles approches computationnelles en santé mentale. L’intelligence artificielle n’est pas juste un « buzz word » qui passera; ce développement technologique aura des effets sur tous les secteurs de l’activité humaine. Cela aura un impact à la fois sur les questions et les méthodologies de recherche qui concernent la psychiatrie et la santé mentale.  Nous ne pouvons nous permettre de passer à côté de ces enjeux et de ces développements. Un comité composé de Patricia Conrod, Pierre Orban, Baudouin Forgeot D’Arc, Stéphane Guay et présidé par Paul Lespérance, va amorcer une réflexion stratégique sur les impacts et opportunités de l’intelligence artificielle en santé mentale, tant pour nos missions de recherche et d’enseignement que pour les soins de santé, dont un aperçu sera partagé lors de l’assemblée annuelle le jeudi 26 avril prochain. Les possibilités d’applications en recherche sont étourdissantes, tant dans l’autonomisation des patients par l’accès direct à des applications diagnostiques et d’autogestion thérapeutique, que l’amélioration du phénotypage clinique en suivant en temps réel le discours et les comportements, que sur les capacités d’analyses de mégadonnées combinant symptomatologie, imagerie, génétique, que sur les effets de ces changements technologiques sur le développement humain, les structures sociales et les psychopathologies. Le département devra aussi influencer les développements durables et socialement responsables en intelligence artificielle par la promotion et la défense de ces valeurs fondamentales à notre pratique que sont la sollicitude, l’équité, la solidarité, la justice et le droit à une vie privée.

Sur ce, je vous souhaite une belle année 2018.